Représentation conforme et fluides incompressibles
Représentation conforme et fluides incompressibles
On note
le champ de vitesses d’un fluide défini sur un domaine
(par exemple
dont le bord est
par morceaux). On suppose qu’il est :
- Incompressible : pour toute courbe
,
par morceaux, on a
,
où l’on a noté
, avec
le vecteur tangent.
- Irrotationnel : pour toute courbe
,
par morceaux, on a
,
où l’on a noté
, avec
le vecteur normal.
Par un théorème de calcul différentiel (cf. théorème 0.3), la nullité de ces deux intégrales curvilignes implique que
et
. Les formules de Riemann montrent que la fonction
est
holomorphe, et que les fonctions
et
sont des fonctions harmoniques conjuguées. On peut ainsi énoncer le
résultat :
Proposition 0.1. Potentiel de flot On suppose le flot défini sur un domaine
simplement connexe. On
peut alors construire une primitive
de
, ie.
. Si on note
, on
a :


défini un flot incompressible et irrotationnel.
Définition 0.1. Potentiel de flot et de vitesse On remarque que
est colinéaire à la vitesse du fluide, et
que
est orthogonal à la vitesse. D’où les appellations :
- Potentiel de vitesse pour
: les lignes
sont les lignes équipotentielles.
- Potentiel de flot pour
: les lignes
sont les lignes de flot (trajectoires du fluide).
Les lignes de flot et les lignes de vitesses forment deux familles de courbes orthogonales (sauf éventuellement aux points où le potentiel s’annule).
Remarque. Contraintes physiques Pour que le fluide soit physiquement réaliste, il faut que les vitesses sur
le bord du domaine
soient tangentes aux parois, ce qui signifie que les parois
soient des lignes de flot
.
Exemple 0.2. Flot dans un coin Si on considère le flot donné par le potentiel
, on a
,
. Les lignes de flot et les lignes de vitesse forment deux familles orthogonales
d’hyperboles équilatères. On constate que ce flot modélise de façon physiquement réaliste un flot dans un quart
de plan.
Exemple 0.3. Flot passant un cylindre Si on considère le flot donné par le potentiel
,
on a
,
. Les lignes de flot et les lignes de vitesse forment deux familles
orthogonales d’hyperboles équilatères. Pour calculer un flot passant le disque
, on utilise
la transformation de Joukowski
. On va montrer (cf. remarque ), que c’est une application
bi-holomorphe de
sur
, où
. Or, il est facile de déterminer un flot
physiquement correct sur
, en prenant simplement pour ligne de flot les droites
, ce qui
conduit à considérer le potentiel
. Donc le potentiel sur
va être donné par
.
Donc au final, les lignes de flot sont les courbes
, et on vérifie bien que
contient la paroi du disque.
Remarque. Fonction de Joukowski Pour montrer que la fonction
est bien une transformation
bi-holomorphe de
sur
(cf. [?, T1 p.197]), on peut regarder l’image des cercles concentriques
. Comme
, les
sont des ellipses
concentriques qui se referment sur
lorsque
.
Remarque. Formes différentielles Voir [?, p.49]. On note
une forme différentielle, avec
continues. On note aussi
une courbe, où
est de classe
On
peut alors définir l’intégrale curviligne le long de
par la formule de changement de variables :
où
et
. Cette formule s’étend au cas où
est de
classe
par morceaux.
Proposition 0.2. Formes exactes Si
avec
de classe
, alors
.
On remarque que
signifie
et
, ce qui implique les relations fondamentales
.
Proposition 0.3. Formes fermées Si
et
admettent des dérivées partielles continues, alors
ssi
est fermée (i.e. admet une primitive localement) ssi
pour des chemins suffisamment petits.
Référence : [?, p.174][?, p.175][?, p.326]
Utilisation : (***,3) (**,1) (*,0)
Mots clefs : fonctions holomorphes, fonctions harmoniques, connexité, représentation conforme.
Auteur du document : Gabriel Peyré
>

